Chaque année, des dizaines de nouveaux concurrents découvrent les joies et les galères du Dakar. Parmi eux, il en est un que les organisateurs ont particulièrement à l’œil. Santosh Chunchunguppe Shivashankar – il nous a autorisés à l’appeler Santosh – n’est pas un novice comme les autres. Ce motard de 31 ans à la tête d’adolescent est le premier Indien à participer au rallye-raid. S’il possède tout de même quelques références, sa présence n’est pas non plus liée uniquement à son titre de champion d’Inde de motocross ou à sa participation au rallye du Maroc.

«L’Inde est un territoire inconnu pour nous, dans lequel il n’y a pas un historique des sports mécaniques très fort. En revanche, il y a un potentiel énorme en termes d’image et pour les constructeurs. C’est pour cela qu’on a invité Santosh», explique Xavier Gavory, le responsable concurrents.
54 nationalités représentées, nouveau record
L’intéressé sait très bien à quoi il doit sa venue en Amérique du Sud. «C’est plutôt clair. L’Inde est un tel marché pour eux, c’était inéluctable qu’un Indien vienne participer», admet-il, sans problème. Santosh n’est pas venu tout seul. Un journaliste du Hindustan Times, deuxième journal anglophone de ce pays d’1,2 milliard d’habitants, a lui aussi été convié pour relayer ses aventures. De quoi éveiller des vocations et, si possible, attirer les regards d’entreprises en pleine expansion. «L’objectif est aussi qu’il revienne l’année prochaine avec des compatriotes motards (ce qui est presque d’ores et déjà acté), et de nouveaux médias», ajoute Gavory.
Depuis trois ans maintenant, les organisateurs s’activent pour développer la «marque» Dakar partout dans le monde. 54 nationalités sont ainsi représentées cette année (un Zambien, un Néo-Zélandais et un Turkmène font aussi, comme notre Indien, offices de pionniers), nouveau record. «Nous, on amorce la pompe, et puis on va voir ce que ça va donner dans chaque pays», reprend le responsable concurrents.
Au-delà de ces considérations commerciales, Santosh a tout de même un rallye à courir. Avant de se lancer dans cette grande aventure, il a demandé à des pilotes de lui raconter ce qu’était le Dakar. «Mais chacun a tellement d’histoires, et très différentes, qu’il ne vaut mieux pas trop en tenir compte finalement. Le mieux est de se créer sa propre expérience. C’est le meilleur moyen d’y arriver.» Ses débuts se sont plutôt bien déroulés puisqu’il a terminé les deux premières étapes dans le Top 50. Si, en plus, il pouvait aller au bout de ces quinze jours de rallye, tout le monde serait ravi.

article : Nicolas Camus pour 20minutes.fr

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